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Villages

 Village côtier
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Village côtier
Les villages du Pacifique sont de tailles et de configurations bien différentes selon les régions et les coutumes (kastom). A l’habitat (maison) traditionnellement dispersé associé généralement à la Mélanésie intérieure, s’oppose un habitat plus dense en Mélanésie maritime et dans les îles de Polynésie et de Micronésie. Les gros villages d’aujourd’hui rencontrés en Mélanésie sont le résultat du travail de christianisation des missions et de pacification par les gouvernements coloniaux. L’économie villageoise est essentiellement une économie de subsistance. La chasse, la cueillette, la culture des jardins, l'exploitation de la forêt, la pêche, l'élevage de cochons et de poulets, permettent aux populations rurales d’être quasi indépendantes sur le plan alimentaire. Dans les gros Bourg côtiers, certains villageois complètent souvent cette économie par des activités de commerce (petits magasins de dépannage), d’artisanat, et par l’exploitation (individuelle ou coopérative) de plantations de cocotiers et de canne à sucre. On pourra vendre les surplus du jardin dans les marchés locaux ou les échanger contre des denrées appréciées.

Dans le Pacifique, ville et village ne peuvent exister l'une sans l'autre, car c'est sur leur opposition que paysans et citadins fondent la conscience qu'ils ont de leurs mondes respectifs. L'univers intime et rassurant du village est souvent (re)-découvert en ville par les citadins nostalgiques ou désabusés. Au début de la colonisation européenne, les Océaniens durent faire un effort d'imagination pour appréhender le nouvel univers de la ville. C'est ainsi qu'ils en vinrent à analyser ce monde inconnu de la seule manière possible : en extrapolant des catégories d'idées et des sentiments qui leur étaient familiers. En outre, l'obligation de procéder par contraste donna à ces catégories d'idées et à ces sentiments une valeur qu'ils n'auraient pas eue autrement, si bien que l'idée de la ville donna naissance à l'idée du village. Cependant, même si la ville et le village sont inextricablement liés dans l'imaginaire et dans la réalité quotidienne des Océaniens, il ne s'ensuit pas forcément que les deux mondes suscitent chez chacun un discours de même poids idéologique.

Bien souvent, et particulièrement pour les migrants récemment arrivés dans les villes, de même que pour les villageois restés chez eux, les valeurs associées à la vie rurale demeurent ainsi les seules formes d'expression disponibles pour évaluer les avantages et les inconvénients de la vie urbaine. Il n'est donc pas étonnant d'entendre des gens urbanisés depuis longtemps se plaindre de l'isolement social, de l'absence d'aide mutuelle, du fait que l'argent (monnaies) est la seule chose qui compte, etc. Ces gens en viennent même à idéaliser la vie villageoise qu'ils étaient pourtant heureux de quitter il n'y a pas si longtemps : là, sur leur île, ils pouvaient compter sur leurs proches et la vie était plus facile dans un système social où l'argent n'était pas roi.

Par ailleurs, on essaie de maintenir le contact avec le village natal par des envois et autres échanges. On y passe les vacances quand on le peut, aime penser y prendre éventuellement sa retraite – ce que font certains. La seule façon d'exprimer les avantages de la vie urbaine est de mettre l'accent sur la plus grande liberté individuelle, sur l'absence de contraintes sociales ou encore de se plaindre qu'en zone rurale il fallait constamment héberger la parenté et autres visiteurs à grands frais.

Il reste aux migrants de fraîche date à effectuer une analyse collective des avantages et désavantages de la ville, car ils n'ont pas encore trouvé les mots pouvant servir de contrepoids idéologique à l'univers du village. Cette tâche, la deuxième génération de migrants élevés en ville l'a déjà accomplie.

Jean-Marc Philibert et Christine Jourdan, 2000

Hameau Kwaio
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Hameau kwaio

Village malaitain
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Village malaitain

Village côtier
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Village côtier