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 Tombes

 Monument de l'île de Pâques
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Monument de l'île de Pâques
Quand on ne jette pas les corps des morts dans la mer en pâture aux requins, ou n'en dispose pas autrement au cours des funérailles, on les enterre parfois dans le sable, parfois dans la terre et parfois dans des caves. On appose fréquemment des statuettes pourvues de pouvoirs magiques sur ces tombes. Elles protègent et gardent les ancêtres défunts. On reconduit les dépouilles ou le crâne (reliques) des guerriers morts au combat ou autres expatriés à la tombe de leurs parents.

Le défunt emportera avec lui des provisions d’eau et de nourriture qu’il sera chargé (selon les cultures) de distribuer à des ancêtres spécifiques. Les surplus de nourriture sont suspendus au-dessus de la tombe et les plus audacieux en mangeront.

L’âme du défunt devient un esprit et les rituels funéraires en tiennent compte. Par exemple, aux îles Banks, on pratique une méthode de divination à l’aide d’un bambou dans lequel monte l'esprit du défunt après sa mise en terre. De retour au village, les humains questionnent l'esprit captif qui fait osciller le bambou en guise de réponse. Et, après l'ensevelissement, le retour du cimetière s’effectue par une route différente de l’aller puisque, pour quelques jours encore, l'esprit suit de près son corps inerte.

Le rite d'ensevelissement réservé aux prêtres ou aux chefs se démarque toujours de celui des gens du commun. Dans certaines îles des Salomon, on enterre le chef au cœur du village alors que les autres gens reposent dans leur jardin. Par ailleurs, les tombes des hommes et des femmes sont identiques. À plusieurs endroits dans le Pacifique, on enterre les enfants dans la maison de leurs parents. Après cinquante jours, on retire les ossements des enfants et les cache dans la forêt ou les suspend dans les maisons. Personne ne circulera sur les tombes d’un défunt, quel qu’il soit.

À Samoa, le corps, parfumé, oint, paré de vêtements et de bijoux, puis enveloppé dans une natte, sera transporté à sa tombe par les hommes et les femmes, les enfants n’étant pas autorisés à se rendre sur les lieux d’ensevelissement. Si le défunt possédait jadis un puissant mana et l’utilisait pour tuer ou envoyer des malédictions, les proches feindront des funérailles et cacheront sa dépouille pour en conserver les ossements et en faire des armes de guerre (flèches et charmes).

À Vanuatu, les endeuillés ne sortent pas de leur maison durant les cent premiers jours suivant l’enterrement. Les femmes ne doivent pas être vues. Après cette réclusion, on devra observer des tabous alimentaires durant cinq jours. On construira alors un monticule de pierres sur la tombe et cinquante jours plus tard, en fonction du rang du défunt, on sacrifiera des cochons aux esprits.

Aujourd’hui, dans certaines îles, on dépose les corps dans une pirogue qui tient lieu de cercueil. Depuis l’arrivée des missionnaires chrétiens, les pratiques traditionnelles ont beaucoup changé : les enterrements sont dorénavant moins complexes et exigent moins de déploiements que traditionnellement. En outre, dans le cas d'un défunt discrédité, on n'invective ni n'insulte plus sa dépouille, cela pour permettre le repos de son âme.

Hélène Giguère, 2000

Tombe sur tertre
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Tombe sur tertre

Tombeau
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