Graphe Maison Graphe Ancêtres
Graphe Wantok

Plantations

 Plantation de vanille
ombre
Plantation de vanille
À partir de la deuxième moitié du 19e siècle, les planteurs exercèrent un impact considérable sur les peuples de l'Océanie – un impact plus radical que celui des baleiniers, des négriers et des commerçants itinérants au siècle précédent. Moins intéressés que les missionnaires par les âmes des insulaires, ils misaient sur leur force de travail pour faire fortune. Une première vague de colons en provenance d'Angleterre, de France, d'Allemagne et d'Australie instaura des enclaves dans les archipels dont les sols semblaient propices à des cultures d'exportation. Les plantations visèrent d’abord la production du copra et celles du sucre, du café, du cacao, de la vanille, du coton et du caoutchouc. Ces exploitations s'établirent au détriment des populations locales auxquelles on ne se faisait pas scrupule d'extorquer des terres par des paiements de pacotille et autres escroqueries.

Mais, peu à peu, cette colonisation périclita avec la mort et le départ des premiers Blancs. Seuls quelques-uns de leurs enfants métis continuèrent à vivre médiocrement, très endettés auprès des marchands et isolés, sur des terres de plus en plus envahies par la brousse et revendiquées par les indigènes. Faisant face à des conditions très difficiles, ils s'empressèrent de vendre ou de céder leurs domaines aux rares parmi eux qui avaient réussi, et à de grandes entreprises dès que l'occasion se présenta. Des multinationales continuent d'ailleurs, de nos jours, à exploiter les ressources naturelles des archipels : mines, coupes à blanc de forêts d'acajou, et, en outre, épuisement des ressources halieutiques.

En dépit de lois édictées par les gouvernements coloniaux pour réglementer le traitement et les conditions de travail des indigènes (main-d'œuvre recrutée de façon souvent contestable), les planteurs et gestionnaires de plantations se comportèrent la plupart du temps avec brutalité envers leurs employés. Salaires, alimentation, logement, salubrité laissèrent grandement à désirer.

L'impact des plantations sur les sociétés océaniennes consista d'une part en la mise en contact des indigènes avec le système économique des Blancs et avec leurs armes et leurs outils. D'autre part, et peut-être surtout, elles créèrent des milieux où durent se côtoyer des membres de groupes ethniques différents qui élaborèrent un mode de vie adapté le mieux possible à un contexte difficile. L'usage d'une langue de communication s'imposa et donna naissance à divers pidgins ou créoles. Des métissages culturels s'ensuivirent. Des conflits, par ailleurs, surgirent entre les travailleurs, soit reprenant des litiges entre groupes déjà hostiles les uns aux autres sur leurs territoires d'origine, soit éclatant à propos de discordes provoquées par la nature composite et contraignante de la collectivité forcée dans laquelle ils devaient vivre.

Pierre Maranda, 2001

Préparation du copra
ombre
Préparation du copra