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Mort
 Crâne surmodelé
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Crâne surmodelé
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Dans la plupart des langues, on désigne la mort par des euphémismes comme le « dernier repos », le « trépas », la « disparition », le « grand départ », « rendre l'âme », etc. Par ailleurs, maintes sociétés océaniennes utilisent le même terme pour décrire la mort et l’évanouissement (Mélanésie) ou la mort et le sommeil (Polynésie). Les Océaniens considèrent l’évanouissement comme une mort partielle – le début d’un processus qui n’aboutit pas. Pour eux, la mort est graduelle; elle débute par le dernier souffle et se poursuit durant quelques jours jusqu’à l’achèvement des funérailles. L’être humain possède plusieurs « âmes », formant son moi, qui doivent quitter le corps l’une après l’autre. Un certain nombre de mythes océaniens concernent l’origine de la mort – il s’agit, dans bien des cas, de l’histoire d’une vieille femme ou d’un serpent qui ne peut retrouver une nouvelle peau après s'être dépouillé de l'ancienne pour prendre un bain.

Les morts peuvent ressusciter. Dans les mythes, bien sûr, mais aussi dans la vie courante. Ainsi, chez les Lau de Malaita, les défunts reviennent occasionnellement à la vie lorsqu’ils échouent à l’examen d’entrée dans le Pays des Morts. Cet examen – un questionnaire – porte sur la généalogie du défunt, qui doit posséder une connaissance adéquate de son ascendance afin de trouver sa place au sein de la communauté des esprits. Le mort qui échoue à l’examen revient à la vie, mais sourd-muet.

Comme partout ailleurs dans le monde, les causes de décès varient. Les Océaniens enquêtent cependant sur toute mort « inhabituelle ». Dans les cas de décès suspect, ils font appel à la divination, puisqu’un décès imputé à la magie noire obsédera les parents du défunt et réclamera vengeance. Une vendetta – chose fréquente dans les sociétés océaniennes – pourra donc s’ensuivre. Elle causera des morts violentes, impliquant la chasse aux têtes, les meurtres de « purification » et les sacrifices humains (associés ou non au cannibalisme).

La mort n’entraîne pas une rupture radicale des relations sociales. Les vivants et les morts continuent donc d’entretenir des rapports, bons ou mauvais. Les prières, les offrandes et les sacrifices servent à maintenir une synergie entre les habitants du monde visible et ceux de l'au-delà. Les défunts manifestent leur mécontentement ou communiquent avec leurs survivants de plusieurs manières, notamment, par des rêves et des présages.

À Malaita et aux îles Salomon, les fœtus expulsés avant terme et les enfants morts-nés se transforment en fantômes et s’envolent dans la jungle, où ils peuvent faire du tort à ceux qui, par mégarde, se trouvent sur leur chemin.

Pierre Maranda, 2000


Sépulture d'un chef
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Sépulture d'un chef

Reliques : entrepôt de crânes
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Reliques : entrepôt de crânes