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Mobilier

 Sacs suspendus
ombre
Sacs suspendus
Les maisons traditionnelles d’Océanie se ressemblent assez, tant dans leur aspect extérieur que par leur ameublement. Généralement construites sur pilotis, ces habitations ont un plancher surélevé qu'on recouvre parfois de nattes fabriquées avec le feuillage de divers types de palmiers, selon les régions. Une natte peut faire office de tenture sur le mur face au vent prédominant.

Des rondins placés sur le sol et qui peuvent servir de bancs, divisent la surface habitable en diverses aires spécialisées. On en a ainsi une pour le sommeil (nattes), une pour le feu, une pour le sanctuaire familial, etc. Au centre, on allume le feu d’éclairage. On utilise des éventails faits de fibres végétales pour en maintenir la braise. La plupart des maisons disposent aussi d'une lampe-tempête. Un four creusé dans la terre et refermé par des pierres permet la cuisson des aliments à l’intérieur de la maison si on n'a pas de cuisine adjacente. Ici et là, on utilise des appuie-tête et parfois des tabourets ou chaises, ces derniers réservés à des dignitaires dans la plupart des cas. Lorsque le mobilier inclut un autel domestique dans un espace démarqué et tabou, le chef de famille y officie pour les siens.

Des crochets suspendus à la charpente permettent de maintenir à l’écart des rongeurs et autres animaux indésirables quelques contenants (sacs et paniers) dans lesquels on range les hameçons de pêche, de la nourriture et d’autres objets. On dispose des bols et autres accessoires – éventails, bouteilles confectionnées avec des noix de coco ou du bambou – sur une des étagères faites de deux piquets plantés dans le sol et surmontés d’une planche. On place la vaisselle sur le plancher, contre le mur. On fiche couteaux de bois et autres ustensiles entre des lattes dans la partie la plus basse du toit ou au haut d'un mur. Il arrive qu'on entrepose aussi les filets de pêche dans les maisons. En certains endroits, on remise aliments et autres choses dans des coffres sur pattes. Les hommes apprécient ces coffres et ils s’en procurent de plus en plus pour ranger leurs effets personnels.

La plupart des bols et autres contenants à usage domestique font partie des biens aliénables. Par contre, le mobilier des maisons des armes comprenait, outre les effets personnels aliénables, des objets inaliénables tels des masques, des statues, des panneaux de plafond décorés représentant – et, bien souvent, incarnant – des ancêtres ou des esprits. Se départir de tels éléments de mobilier causerait des bouleversements profonds pouvant aller jusqu'à l’extinction du clan.

De nos jours, le mobilier des maisons comporte des éléments de style européen. On y voit tables et chaises, des sortes de fauteuils, des matelas et autres articles le plus souvent importés. On les obtient par des envois ou encore ils sont apportés par des migrants ayant séjourné dans des villes et revenus dans leurs villages d'origine. Mais on trouve aussi de tels meubles de fabrication locale et artisanale. On a ajouté des serrures ou des cadenas aux coffres. Ces mesures de sécurité s'imposèrent suite à l'implantation de gouvernements coloniaux alors qu'apparurent larcins et cambriolages, comportements antisociaux qu'on dit avoir été extrêmement rares autrefois.

Dans les villes, l’intérieur des maisons est de plus en plus comparable à ce que l’on trouve en Occident.

Hélène Giguère, 2000

Gourde
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