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Loisirs

 Ballon de football
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Dans les villages, la satisfaction des besoins de la vie quotidienne ne requiert pas de travail très intense. En altitude, on cultive des jardins, pratique la chasse, élève des cochons. Sur le littoral, on pêche, recueille des coquillages, participe à des marchés qui offrent des occasions fort courues de socialiser et d'échanger des potins avec les montagnards. Ces occupations laissent du temps à la réflexion, à la discussion d'événements fortuits, à l'interprétation des rêves. Dans les conversations, on passe en revue les faits courants -décès, maladies –; on commente les activités prochaines – sacrifices programmés par les prêtres, funérailles, etc. Des couples mariés passeront la journée à l'écart, dans leur jardin; ils s'y ménagent du temps pour se baigner sous des cascades, se caresser, y copuler.

Les enfants jouent entre eux. Ils se décorent de feuillages pour imiter les parures que portent les adultes lors de danses ou de mariages. Ils improvisent des chants pour apprivoiser des incidents insolites. Les garçons sculptent des modèles réduits de pirogues, de maisons, d'animaux. Lors du débitage de cochons au cours de sacrifices, ils en récupèrent et gonflent des vessies pour en faire des ballons qu'ils utilisent dans des jeux inspirés du soccer. Les enfants des populations côtières nagent, se baladent dans de grands bols ou de petites pirogues, plongent pour attraper des coquillages qu'ils ont lancés dans la mer.

Quant aux adultes, ils contemplent le paysage, devisent entre eux en mâchant le bétel ou en fumant. Traditionnellement, dans certaines sociétés (par exemple, à Malaita, îles Salomon), on pratiquait des jeux d'adresse et des compétitions sportives : tirs à l'arc ou au javelot, courses de pirogues, et on pariait sur les résultats. On raconte qu'un chef, joueur invétéré, a ainsi perdu non seulement les récoltes de ses jardins, ses pirogues et ses filets, mais aussi ses épouses, renouvelant mise sur mise jusqu'à ce qu'il eût tout perdu. Des jeux de hasard importés d'Indonésie depuis longtemps de même que des jeux de cartes, introduits plus récemment, contribuent à perpétuer l'attrait du risque qui demeure cependant le fait d'une minorité de la population masculine.

Dans les villes, les loisirs prennent une autre tournure puisqu'ils sont bien souvent assujettis à l'emploi du temps lié au travail ou à l'école, et peuvent nécessiter de l'argent. Les loisirs ont lieu en famille, entre groupes d'amis, de wanwoks et de wanskuls, entre gens du même âge, du même quartier, ou de la même paroisse. Les jeunes enfants sortent rarement de leurs quartiers et jouent dans les jardins entourant les maisons : ils jouent à la guerre, à glisser sur la boue comme sur une piste de ski, à se raconter et à mimer des histoires. Ils jouent aussi à attraper les papillons qu'ils attachent à une ficelle et font voler comme s'il étaient des cerfs-volants. Dans les maisons où il y a la télévision ou des appareils vidéo, les enfants regardent souvent des films.

Les adolescents aiment beaucoup écouter de la musique en groupe, et peuvent jouer de la guitare ou de l'ukulele pendant que les autres dansent. Les loisirs des jeunes s'organisent souvent autour du sport (soccer, basket ball et cricket), de promenades en ville à la recherche de quelque chose d'excitant, ou ils vont au cinéma s'ils ont l'argent nécessaire au paiement du droit d'entrée. Les jeunes qui rentrent de l'école l'après-midi doivent souvent s'acquitter de tâches domestiques pour aider leur mère et les loisirs ne commencent qu'une fois leurs corvées terminées. Les jeunes adultes aiment aller danser dans les bars, boire du kava dans les nakamals au Vanuatu et en Nouvelle-Calédonie, et se réunissent souvent pour consommer de la bière quand ils ont un peu d'argent. Les casinos se sont développés et attirent une clientèle régulière.

Les familles organisent souvent leurs loisirs autour des services religieux et des activités sociales paroissiales des Églises auxquelles elles appartiennent : kermesses, goûters, pique-niques. Certaines passent des week-ends tranquilles chez eux à profiter de leurs enfants. D'autres organisent des barbecues sur les plages avoisinantes; d'autres encore se réunissent avec leur voisins et bavardent calmement à l'ombre. S'ils ont du terrain autour de leur maison, les citadins entretiennent des jardins et cultivent des légumes. Certains ont même établi des potagers en dehors des villes de façon à pouvoir améliorer l'ordinaire de leur famille. Dans les grandes villes, la télévision est un centre d'intérêt important.

Pierre Maranda et Christine Jourdan, 2001

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