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Kastom

Le mot kastom (pidgin, de l'anglais « custom ») recouvre une multitude de référents ayant trait à la vie traditionnelle : organisation sociale, parenté, croyances, rituels, culture matérielle, monnaies ayant cours localement dans les villages, systèmes d'échanges, conscience collective, etc.. Mais le mot comporte aussi une connotation politique. Un peu à la manière de la conscience qu'on a prise du village, émergée en contraste avec celle qu'on a dû prendre de la ville, la construction sociale de la kastom a créé un instrument de démarcation par rapport aux coutumes des Blancs. Marquant l'identité des Océaniens, cette notion leur sert à affirmer leur droit à être qui ils se disent. Bien que son sens fondamental reste partout le même, la kastom connaît toutefois des variations propres à chaque société qui s'en revendique.

Fondamentalement, la kastom permet aux élites indigènes d'asseoir leur pouvoir politique dans les villes en se définissant face aux étrangers, les Blancs, bien sûr, mais aussi face aux migrants appartenant à d'autres groupes ethniques ou provenant d'autres îles. À cet égard, on fait face à des problèmes de diversité, déjà plus ou moins aigus dans les regroupements artificiels – passés et présents – de différentes ethnies dans les plantations. Et le mot prend une acception différente chez les jeunes ainsi que dans la population en général lorsqu'on tient des élections.

On peut observer une kastom à géométrie variable, par exemple en passant d'une communauté à un clan, une lignée, une famille, voire à un individu (moi). La raison qu'on évoque parfois en dernier recours, « C'est la coutume » renvoie par conséquent à différentes extensions du terme. Et il en va de même lorsqu'on enfreint une coutume.

Pierre Maranda et Christine Jourdan, 2001

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