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Guérison

 Guérison
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Guérison
Dans les îles du Pacifique, diverses traditions liées au soin et à la guérison des maladies et des maux divers coexistent maintenant avec les soins modernes. Ces deux types de médecine diffèrent dans leurs méthodes et dans leur conception de la maladie. Les spécialistes de chacune d’elles collaborent officiellement dans certains pays, partageant connaissances et compétences. Sous les gouvernements coloniaux et avec la venue des missionnaires, ces derniers ont éradiqué plusieurs formes de magie divinatoire et guérisseuse. L’efficacité des soins de la médecine occidentale et la rapidité de la guérison ont étonné grand nombre d’insulaires, généralement déjà convertis au christianisme, qui aujourd’hui se réfèrent soit uniquement à la médecine occidentale soit à celle-ci en conjonction avec la médecine traditionnelle.

En plusieurs endroits on attribue au dieu suprême le véritable pouvoir de guérison qui s’exprime par l’intermédiaire des chamanes. En fait, il s’agit du mana, force issue d’entités invisibles, bien connu et utilisé par les praticiens des techniques magico-religieuses. L’utilisation de plantes, qu’elles aient ou non un caractère magique, est généralement la règle dans les soins prodigués au malade. La plupart des techniques de guérison consistent en des frottements, des succions ou des pressions sur la zone infectée, s’accompagnant parfois d’incantations ou de chants. L’extraction d’un corps étranger (pointe de flèche, pierre) par succion du corps du malade fait souvent également souvent partie des rituels permettant de recouvrer la santé. Pour délivrer le corps du malade d'un fantôme ou d'un esprit qui l'habite, le prêtre mastique du gingembre et le crache sur les oreilles du patient et sur le dessus de sa tête en prononçant une prière ou un chant. Les premiers fruits (igname, taro), le cochon, le poisson, les monnaies, les nattes, le tabac et les sacrifices humains ont constitué, selon des époques différentes, des offrandes aux esprits vecteurs de maladies.

Pour obtenir une guérison, plusieurs Fidjiens font porter par un prêtre leur offrande à la maison des esprits. Si la mort survient entre-temps, l’offrande appartiendra au prêtre. Si celui-ci réfute la possibilité d’une guérison, le malade priera ses parents de l’aider à mourir.

Chez les Baruya de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, comme en plusieurs autres régions du Pacifique, la guérison est traditionnellement du ressort des chamans. Selon leur tradition (kastom), guérison et agression vont de pair. En effet, pour extirper la maladie du corps d’un malade, le chaman doit la retirer et la rediriger vers une personne d'un autre groupe. Ainsi, toute mort inexpliquée est susceptible de déclencher une guerre. Cependant, chacun doit aussi veiller à épargner une partie du clan ennemi afin de pouvoir poursuivre l’expulsion des futures maladies vers celui-ci.

On attribue aux tabous alimentaires une fonction prophylactique car leur respect aide à prévenir des maladies d’origine magico-religieuse, tabous dont la violation explique fréquemment l’avènement.

Aux îles Trobriand, les guérisseurs et guérisseuses ne sont pas rémunérés pour leurs services, contrairement à ceux qui se dédient aux actes maléfiques. En certains endroits, ces rôles sont attribués selon le sexe des praticiens, les femmes se vouant à la guérison et les hommes à la magie noire.

Partout les actes magiques ayant pour but d’aider le malade à se libérer de ses maux représentent deux forces en combat : la maladie et la résistance, à l’image d’une lutte biologique entre l’organisme et les bactéries envahissantes. Toute magie négative a sa contrepartie positive. C’est donc dire que pour chaque incantation ou rite produisant une maladie, il existe une contre-magie pour sa guérison.

Hélène Giguère, 2000


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