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Famille

 Frères et soeurs classificatoires
ombre
Frères et sœurs classificatoires
La famille océanienne diffère passablement des familles occidentales dites nucléaires (père, mère et enfants). En Océanie, cette institution se définit en fonction de modèles basés sur les formes reconnues de mariage et de filiation (parentés). Quant au mariage, on y trouve des unions monogames, polygynes et polyandres; quant aux règles de filiation, elles consistent en descendances patrilinéaire, matrilinéaire ou ambilinéaire (un enfant appartient alors à la fois à sa famille paternelle et à sa famille maternelle). La transmission des biens, des droits et des devoirs se conforme à cette structure lignagère, en conformité avec différents modes d'organisation sociale.

L'oncle maternel joue souvent un rôle prépondérant dans le transfert des connaissances, rituelles et autres, au fils de sa sœur. De même, les relations entre cousins parallèles (du même sexe) et croisés (cousins et cousines) se conforment à des préceptes ou obligations morales qui régissent leurs comportements. Les parents et les enfants se doivent soutien mutuel, à tour de rôle évidemment. Dans un premier temps, les premiers voient à nourrir, héberger et prendre soin de leur progéniture qui, en retour, soutiendra les parents lorsqu'ils pourront moins bien, ou ne pourront plus, pourvoir à leurs propres besoins.

Le type de cohabitation varie selon les sociétés océaniennes. Dans certains cas, le père, sa ou ses femmes et leurs enfants habitent la même maison qui peut aussi abriter un aïeul ou plusieurs autres parents. Il n'est pas rare que la famille dite « élargie » incorpore trois générations, y compris oncles, tantes et cousins. Dans bien des sociétés, elle compte aussi parmi ses membres des adoptés - enfants de proches ou migrants. Et toutes ces personnes partageront la même résidence, que ce soit une maison allongée ou non. En contraste, ailleurs, on répartit le logement des membres adultes de la famille dans des maisons des hommes et des maisons des femmes. Quant aux adolescents on les relègue fréquemment dans des quartiers plus ou moins marginaux. Ainsi, les filles de plus de dix ans dormiront dans une cuisine adjacente à la maison tandis que les garçons résideront dans des constructions réservées aux adolescents avant d'être intégrés, après leur initiation, aux maisons des hommes ou des armes.

Les membres d'une même famille élargie se retrouvent dans leurs divers types d'habitation, où dans la cuisine ou l'abri qui les jouxte, pour partager les repas, pour dormir, pour travailler ou pour socialiser. En ce qui concerne les récoltes et la nourriture, le père gardera pour lui-même les meilleurs produits de la pêche ou de la chasse, sans égard à leur lieu de capture. Pour sa part, dans ses activités d’horticulture, la femme cultivera différents jardins dont les produits seront attribués à des membres désignés de la cellule familiale : mari, filles menstruées, elle-même et les autres convives. Dans ces cas d'alimentation différentielle, on apprêtera et consommera séparément ces aliments, les hommes dans leurs maisons, les femmes, dans les leurs avec leurs enfants en bas âge et leurs filles célibataires.

En milieu rural, les familles sont généralement regroupées en hameaux ou dans des villages. Dans les villes, les conditions d'hébergement font que les structures familiales traditionnelles subissent des modifications plus ou moins importantes, selon les stratégies qu'on adopte pour gérer les contraintes imposées par ces milieux.

Hélène Giguère, 2000


Famille Maorie
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Famille maorie