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Élections

Traditionnellement, en Océanie, on ne pratiquait que dans de rares sociétés une sorte de mode électoral tel que nous l'entendons. Là où il existait, par exemple, à Tikopia, à Rarotonga, ou pour la transmission du titre de matai à Samoa, un conseil de chefs se réunissait pour débattre des compétences de candidats que l'hérédité désignait comme successeurs de chefs décédés.

Généralisées ensuite et imposées par les gouvernements coloniaux pour faire évoluer les « primitifs » vers la civilisation et les « démocratiser », les élections demeurèrent et demeurent encore dans certaines sociétés océaniennes, même après l'indépendance, de « vulgaires patates » - métaphore utilisée à Malaita, aux Salomon, pour signifie le mépris dans lequel on tient ces coutumes infligées par des puissances étrangères.

La transmission de l'autorité, généralement par voie héréditaire, résidait dans des chefs ou encore dans des conseils d'anciens. Par ailleurs, un troisième type de leader pourrait se rapprocher en quelque sorte du mode électoral que nous connaissons. En effet, un Big Man devait recruter des supporters pour constituer un groupe qui appuierait ses décisions et son action sociale.

Suite aux impositions occidentales, l’élection des chefs ou des députés à des parlements nationaux privilégie généralement des hommes mariés et des aînés de lignage, à cause de leur maturité et en vue du maintien d’une certaine continuité. Là où on ne reconnaît pas aux femmes le statut de chef, il arrive qu’elles assurent l’éducation des futurs candidats. Cela se produit lorsque des événements semblent prédestiner un fils à la succession de son père, lorsque la mort du père survient avant que ce fils n'atteigne un âge suffisant pour apprendre et mémoriser différentes règles, comme celles que l’utilisation du kava, ou encore acquérir les connaissances fondamentales de sa société : généalogies, mythes de fondation, etc. Dans ces cas, la succession s’effectue en général par le lien patrilinéaire, mais la population pourra déterminer le meilleur candidat.

On fait campagne électorale dans les villages et les villes, - à la manière occidentale. Les partis politiques se disputent les votes par des promesses de toutes sortes, cadeaux et connivences plus ou moins avouées en marquent le déroulement. Vu l'analphabétisme de la plupart des insulaires, on apposera sur les boîtes de scrutin des symboles imagés. Par exemple, un dessin de palmier identifiera tel ou tel parti, ainsi que son candidat local, un dessin de bonite, un autre parti et son candidat, un dessin d'aigle, un troisième.

Hélène Giguère, 2000


Réunion de chefs Kanak
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Réunion de chefs Kanak