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Danses

 Danse rituelle
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Danse rituelle
On connaît diverses sortes de danses en Océanie, les traditionnelles et les modernes. Parmi les premières, les danses rituelles occupèrent sans doute le premier rang. Commençons par elles.

Les danseurs se préparent en se munissant d'amulettes ou de talismans pour se protéger contre les influx nuisibles et assurer une performance impeccable. Dans certains clans lau on ajoute à ces précautions un rite de communion: le chef frotte les lèvres des danseurs avec du gingembre ou leur en donne à mâcher, ce qui leur conférera la force, la précision et l’élégance requises pour bien garder le pas et les aidera à ne pas laisser tomber le bâton de danse ou autre accessoire par erreur ou par malchance, ce qui serait désastreux.

En général, avant de commencer l'exécution de leurs chorégraphies, les danseurs prennent grand soin de leur apparence. Ils se parent de plantes odorantes, se maquillent, se coiffent, décorent leur chevelure de plumes de calao ou d'autres oiseaux, et y attachent un ou deux coquillages précieux. Ils se pommadent aussi les cheveux, oignent leur corps d’huile de noix de coco et de lait de chaux, ainsi de suite.

Chez les Lau, un chef de danse marque le tempo au moyen d'une crécelle. Accompagnés par un orchestre de flûtes de Pan, les danseurs scandent le rythme en martelant le sol de leurs pieds dont les chevilles portent des sonnailles. La crécelle du chef de danse et les sonnailles des danseurs sont faites de coques de noix (Pangium edule) attachées en grappes. Les danseurs tiennent leur bâton dans la main droite, tous effectuant les mêmes mouvements coordonnés, souples et rythmés avec leurs mains et leurs avant-bras (moulinets, rotations et balancements) selon les règles des différentes chorégraphies. Seuls les hommes ont le droit d’utiliser un bâton de danse. Les femmes utilisent des tapas dans leurs danses de deuil.

La danse des hommes débute par un prélude destiné aux esprits, dans le quartier interdit aux femmes et où se trouvent les maisons des armes et les autels. Les danseurs passent ensuite la porte qui donne accès à la place centrale du village. Là, la communauté tout entière (les hommes, les femmes et les enfants du clan local ainsi que les invités d’autres clans) assiste au spectacle, qui dure environ une heure et demie et qui attire souvent plusieurs centaines de personnes.

Les danses rituelles des Lau se rapportent aux grands rituels funéraires, celles des femmes comme celles des hommes. Les premières utilisent des carrés de tapa au lieu de bâtons de danse. Leurs chorégraphies, sur des chants aux lents tempos, se déroulent en douceur.

Les danses des Malaitains s’apparentent à celles des Maoris, décrites par Cook. Comme ces dernières, elles comportent des mouvements semi-circulaires, un même type de pas rythmés et une gestuelle comparable.

En Papouasie-Nouvelle-Guinée, on admire les danses spectaculaires qu'exécutent les oiseaux de paradis (paradisiers). Les imitant, on utilise leur plumage mobile et éclatant pour exprimer leur sens du mouvement et de la parade et pour se lier au monde spirituel de la forêt. Des esprits et les âmes de personnes vivantes (moi) ou décédées (mort) peuvent en effet se transformer en paradisiers. On réactive ainsi le rapport humain-oiseau, si important en Océanie.

On exécutait et exécute encore des danses autres que les rituelles, par exemple lors de mariages importants, lors de l'arrivée ou du départ de dignitaires. Les femmes et les hommes ont respectivement leur propres répertoires. En Mélanésie, les hommes utilisent pour ces danses des feuillages ou des rameaux plutôt que des bâtons de danse; de nos jours, les femmes manipulent des carrés de tissus importés ou des mouchoirs au lieu des tapas. En Polynésie, elles ont recours à d'autres accessoires (par exemple, pour le hula à Hawaii) et les missionnaires condamnèrent comme indécentes leurs chorégraphies, souples et vives. Un chœur accompagne habituellement ces performances bien rythmées, ou encore les danseurs ou danseuses chantent eux-mêmes ou elles-mêmes les pièces qui règlent leurs mouvements. Il se peut que personne ne comprennent les paroles, en des langues étrangères, de ces airs importés. Cela n'empêche pas qu'on les entonne avec beaucoup de conviction.

Quant aux danses modernes, accompagnées de guitare et inspirées de chansons populaires en Océanie (souvent diffusées sur les radios locales), elles conservent un caractère spécifique qu'on tient à perpétuer pour en faire, à l'occasion, des spectacles destinés aux touristes.

Pierre Maranda, 2000


Danse et chants de femmes
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Danse et chants de femmes

Danse et chants d'hommes
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Danse et chants d'hommes

Deune homme maquillé
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Jeune homme maquillé

Préparation des danseurs
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Préparation des danseurs

Préparation des danseurs
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Danse de femmes