Grpahe Wantok Garphe Maison
Graphe Ancêtres

Chants

 Natche
ombre
Natche
Plusieurs chants océaniens s’inspirent de ceux des oiseaux, qu'on interprète généralement comme des présages de succès ou de malheur envoyés par des ancêtres. Dans les hautes terres de Papouasie-Nouvelle-Guinée, les chants de cour pratiqués par les hommes et les femmes imitent ceux des oiseaux de paradis.

Dans plusieurs sociétés d'Océanie, on présente les chants nouvellement composés à la collectivité, qui jugera de leur intérêt et originalité. Les résultats étant probants, tous apprendront par cœur le chant sélectionné. Une communauté peut acheter à son voisin des chants, de même que des danses, vêtements et parures corporelles. Par exemple, à Samoa, les montagnards estiment et veulent souvent se procurer tout produit culturel issu de la côte, les côtiers ayant la réputation d’être plus raffinés qu'eux. Cependant, les maigres finances des montagnards ne leur permettent de s’en procurer que des bribes, fragmentant ainsi des ensembles insécables; par exemple, un chant sans la danse qui lui est traditionnellement rattachée ou l’inverse.

On ne peut entendre hors contextes les chants funéraires entonnés par des pleureuses attitrées lors d'une mort, accompagnés de mélopées de chœurs de femmes, non plus que les chants de grands mythes fondateurs ou chants de guerres, exécutés par des hommes sous la direction d'un chef de chœur. Ces performances appartiennent exclusivement à des domaines rituels spécifiques..

Les chansons, quant à elles, entonnées tant par les hommes que par les femmes de tous âges, ont généralement trait à la sexualité et aux relations amoureuses ou courtisanes. Parmi elles on entend des berceuses roublardes que des vieillards chantent à des bébés en langue souvent archaïque. D’autres chansons, empreintes de moquerie, font partie des jeux des enfants et des jeunes adultes. Certaines chansons s’intègrent également aux contes : les narrateurs doivent posséder des talents particuliers pour les réciter. Enfin, d’autres consistent en des prières ou incantations à caractère magique relatives à la fertilité des jardins, à la guérison de maladies ou à l’invocation d’un totem.

Entre autres jeux, les enfants lau inventent de toutes pièces des chants lorsque surviennent certains événements inattendus : une tempête, une aventure en mer, l’arrivée d’un oiseau d’une espèce inconnue ou tout phénomène sortant de l’ordinaire. Groupés, à marée basse, sur un banc de sable de la lagune, ils répètent à satiété la mise en paroles et musique du narratif de l’événement. Lorsqu’ils considèrent que le chant a pris bonne forme, ils le répéteront à tue-tête et inlassablement, jour après jour, jusqu’à ce qu’un nouvel incident les motive à créer une nouvelle chanson.

Aujourd’hui, il arrive qu'on chante des airs importés sans en connaître le sens puisqu'on n'en connaît pas la langue. Par contre, lorsque la connaissance de la langue l'a permis, certaines chansons et légendes ont concouru à préserver la mémoire d’événements, comme le nom des grandes pirogues des premières expéditions chez les Maoris, par exemple.

Hélène Giguère, Pierre Maranda, 2000
Chants  CHANT DE BERÇEUSE
ombre
Audio 2.38 min. [696 K]
Chants  CHANT DE DANSE
ombre
Audio 3.50 min. [1.1 Mo]
Chants  CHANT FUNÉRAIRE
ombre
Audio 5.12 min. [1.3 Mo]
Chants  CHANT DE JEUNES
ombre
Audio 1.45 min. [464 K]
Chants  CHANT DE MYTHE
ombre
Audio 1.44 min. [460 K]
Chants  CHANT DE FÊTE
ombre
Audio 1.09 min. [304 K]
Chants  CHANT DE MYTHE
ombre
Audio 1.14 min. [328 K]