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Armes

 Maniement d'armes
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Maniement d'armes
On distingue, chez les Océaniens comme dans d’autres sociétés, trois types d’armes : les armes cérémonielles, les armes de combat et celles de chasse. Les premières, arsenal exceptionnel, font partie de la panoplie des dignitaires en grande tenue et disent le statut de ceux qui les portent. Leur exhibition lors de rituels vise avant tout à témoigner de la puissance du clan qui les possède. Dans certaines parties de la Mélanésie, on conserve soigneusement dans la maison des armes ces sagaies, massues, arcs et flèches, sculptés et décorés avec soin, chargés de mana. Certaines de ces armes, opérationnelles et qu'on a utilisées dans des guerres, portent des entailles indiquant le nombre d’ennemis qu’elles ont servi à tuer.

Il existe deux catégories d’armes de combat : les armes défensives et les armes offensives. Font partie de la première catégorie les armures, plastrons, casques, boucliers, crochets destinées à détourner les flèches et les coups de sagaies. Les tours de guet et les palissades qui entourent les hameaux et les villages constituent par ailleurs des ouvrages de défense collectifs.

L'arsenal des armes offensives comprend des arcs, des flèches, divers types de sagaies, des massues de différentes formes (certaines grosses et lourdes, d’autres légères et relativement petites), des sabres, des dagues, des poignards, des haches, des harpons, des frondes et des pierres. Il faut également mentionner d’autres armes très meurtrières mais d'un autre type : le sang menstruel et la magie noire.

Quant à l'arsenal des chasseurs, il comprend lui aussi massues, sagaies, arcs et flèches, et aussi des filets. Massues et sagaies ne se démarquent pas de ces mêmes types d'armes de combat, non plus que les arcs et flèches, sauf les flèches pour la chasse aux oiseaux. Ces dernières ont des pointes d'éclat de bambou, acéré, et souvent une triple pointe formant trident, cela pour mieux atteindre une cible en vol. Les filets, formés de forts cordages, servent à capturer les cochons sauvages, qu'on rabat vers l'endroit propice où on les a tendus.

On utilise, pour la hampe des flèches, du roseau ou du bambou. Pour confectionner des pointes très acérées, on emploie du silex, de l’obsidienne, des aiguillons de pastenaque et des os (reliques), parfois des os humains empreints de mana, prélevés sur un guerrier ennemi éminent qu’on aura abattu. Les lances et les flèches ont souvent une pointe barbelée. On dit certaines pointes de flèche empoisonnées. Et la pointe amovible des flèches se détache de la hampe au moment de l’impact, ce qui rend très difficile à l'ennemi de la retirer de la blessure.

On fabrique avec du bois dur (en particulier, du bois de fer et de l’ébène) les massues, les sabres, les poignards et les sagaies. Des dents de requin garnissent le tranchant de certains poignards. On connaissait déjà les lames d’acier au XVIIIe siècle, comme l’ont signalé les premiers explorateurs.

Pierre Maranda, 2000

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