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Amis

À Malaita, aux îles Salomon, le mot pour ami (ruana nau) signifie « deuxième moi ». Les relations d'amitié se construisent, d'une part, comme ailleurs dans le monde, dans une dynamique de bienveillance réciproque, d'entraide, de partage de goûts, d'intérêts et d'actions concertées au cours d'histoires personnelles se recoupant. D'autre part, on formalise cette relation au cours des longues et complexes prestations et contre-prestations qui précèdent et, surtout, suivent un mariage. Ainsi, tous les beaux-parents, même éloignés, deviennent officiellement des « amis » dès qu'ils auront contribué à des compensations matrimoniales ; et cette affinité les engage pour la vie. Utilisé dans le cas d'une relation entre un jeune homme et une jeune femme, le mot « ami » implique parfois l'échange de faveurs sexuelles. Ce rapport pourra éventuellement mais non nécessairement mener à leur union maritale. Le mot « amis » pourra également désigner des partenaires adultérins.

Dans les villes, les relations d'amitié prennent souvent la forme de « wantokisme ». Dénoncée par les journaux de Port Moresby (Papouasie-Nouvelle-Guinée), cette connivence désigne l’habitude, très répandue chez les migrants, de recruter des wantoks parmi d'anciens condisciples (wanskul), des collègues de travail ou dans la fonction publique (wanwoks). Ce népotisme donne naissance en quelque sorte à des castes, en ce sens que des groupes ethniques monopolisent à présent certains emplois. On observe également ce type d’entraide à Vanuatu et aux îles Salomon, où l’obtention de postes dominés par certains groupes ethniques s’effectue par cooptation.

Pierre Maranda et Jean-Marc Philibert, 2001


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